Une grande Espérance

Le pape Léon XIV et Mohamed Mamoun Al Qasimi, recteur de la Grande Mosquée d’Alger

C’est la vie de l’Église qui peut nous aider à trouver l’Espérance et, en ce temps, la parole du Pape en particulier.
Une anecdote de son récent passage en Algérie :
Ici, comme il pleut rarement, quand la pluie arrive, on a cette expression : « Jab el khir » – « Dieu a fait venir le bienfait ». Puisque, depuis que le Pape est en Algérie, il pleut, des Algériens ont dit qu’on allait désormais l’appeler  » Léon Jab el khir  » – Léon qui amène les bienfaits partout où il passe. Père José Maria – Monastère d’Adrar en Algérie.

Ce n’est sûrement pas un hasard si Pape Léon vient de visiter l’Algérie à 30 ans du martyre des moines cisterciens de Tibhirine.

Un des moines assassinés, nous a laissé un texte prophétique :

« S’il m’arrivait un jour d’être victime du terrorisme, j’aimerais que ma communauté, mon Église, ma famille se souviennent que ma vie était donnée à Dieu et à l’Algérie.
Ma vie n’a pas l’innocence de l’enfance.
J’ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal et même de celui-là qui me frapperait aveuglément. J’aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité qui me permettrait de solliciter le Pardon de Dieu, en même temps que de pardonner de tout cœur à qui m’aurait atteint.
Je sais les caricatures de l’islam qu’encourage un certain islamisme. Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison à ceux qui m’ont traité de naïf, mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité. Voici que je pourrai plonger mon regard dans Celui du Père pour contempler avec Lui ses enfants de l’islam tels qu’Il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ, fruits de Sa Passion investis par le don de l’Esprit, dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance en jouant avec les différences. Cette vie perdue, je rends grâce à Dieu qui semble l’avoir voulue tout entière pour cette joie-là. Dans ce merci, je vous inclus, amis d’hier et d’aujourd’hui, et toi aussi, l’ami de la dernière minute, qui n’aura pas su ce que tu faisais. Qu’il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s’il plaît à Dieu, notre Père à tous deux. Ainsi soit-il. »
Père Christian de Chergé (1937-1996)