Toutes choses finiront bien

Notre bon Seigneur m’a dit une fois : « Toutes choses finiront bien » ; une autre fois, il a dit : « Tu le verras toi-même : tout tournera en bien. » En ces deux paroles, mon âme a compris qu’il veut que nous sachions qu’il prête attention non seulement aux choses nobles et grandes, mais aussi à celles qui sont humbles, petites, peu élevées, simples.
C’est ce qu’il signifie lorsqu’il dit : « Toute chose, quelle qu’elle soit, finira bien. » Il veut que nous comprenions que même la chose la plus minime ne sera pas oubliée.
Et il veut que nous comprenions que beaucoup d’actions sont si mauvaises à nos yeux et causent de si grands maux qu’il nous paraît impossible qu’elles aient jamais une bonne fin.
Et donc nous nous affligeons et nous nous lamentons tellement que nous ne trouvons plus la paix dans la bienheureuse contemplation de Dieu, comme nous le devrions. Car ici-bas nous raisonnons de façon si aveugle, si basse, si simpliste qu’il nous est impossible de connaître la haute et merveilleuse sagesse, puissance et bonté de la bienheureuse Trinité.
C’est comme si Dieu disait : « Prenez garde maintenant de croire et de me faire confiance, et à la fin vous verrez tout dans la vérité et donc la plénitude de la joie ».
Il y a une œuvre que la très sainte Trinité accomplira au dernier jour, d’après ce que je vois. Quand cette œuvre sera faite et comment elle sera faite, nulle créature en dessous du Christ ne le sait et ne le saura avant son accomplissement.
Si Dieu veut nous faire savoir qu’il fera cette œuvre, c’est pour que nous soyons plus à l’aise, plus paisibles dans l’amour, que nous cessions de fixer notre regard sur toutes les tempêtes qui nous empêchent de nous réjouir en lui vraiment. Telle est la grande œuvre ordonnée par notre Seigneur de toute éternité, trésor profondément caché en son sein béni et connu de lui seul. Par cette œuvre, il fera en sorte que tout finisse bien, car de même que la très sainte Trinité a créé toutes choses de rien, de même elle rendra bonnes toutes choses qui ne le sont pas. Julienne de Norwich

Julienne de Norwich (1342-1416) est une mystique chrétienne anglaise, recluse à Norwich, célèbre pour ses écrits mystiques centrés sur seize révélations divines reçues en 1373 lors d’une grave maladie. À environ 30 ans, vivant en solitude, elle eut des visions du Christ en Passion, qu’elle décrivit comme des « shewings » mêlant visions corporelles, intellectuelles et spirituelles. Ces expériences fondèrent sa spiritualité optimiste, affirmant l’amour inconditionnel de Dieu malgré le péché.
 » Notre prière, le Seigneur Lui-même la reçoit ;
la prenant avec grande reconnaissance et grande joie,
Il l’emporte en plein ciel
et la dépose dans un trésor où elle ne périra pas. « 
Saint Jean de Kronstadt